05.01.2006
Réaction statique
Vous avez vu les titres des deux notes de mon chien: Construction et Dynamisation ! C'est agréable pour moi... C'est tout à fait lui ! Un rien cynique, vous ne trouvez pas ?
Pour ce qui est de son pseudo cartésianisme, laissez-moi rire ! Si lui est cartésien, alors moi je suis l'arrière petit fils caché du Docteur Schweitzer et d'une cousine de la Reine de Saba ! Il n'y a pas plus empirique, intuitif et artiste que mon chien ! Mais il a un gros défaut: il aime briller en société... (ce qui n'est pas mon cas, et cela le rend dingue...) Alors sur internet il devient cartésien pour me faire passer pour un crétin bariolé, évidemment !
Pour ce qui est des insultes, c'est vrai que nous avons eu une très belle joute oratoire il y a quelques jours. Mais c'était lui qui m'avait provoqué en me traitant d'un air distrait et désabusé de grande girafe à pattes molles tout en dévorant un stylo rouge (comme par hasard...) qu'il avait volé sur ma table ! Car la devise de mon chien c'est: "Tout, tout et Tout". Il goûte donc absolument à tout, c'est logique pour une fois...
Par contre il a raison quand il dit que cette période de fêtes me donne assez la nausée. Je vous avoue que je préfère faire la fête et être aimant ou amical quand je le veux... Cela doit être mon goût immodéré pour la liberté... surtout quand il s'agit de ces choses essentielles ! Et puis je trouve que cette période devrait être un grand mouvement de solidarité et de fraternité entre tous les êtres humains et non une goinfrerie et une surconsommation de plus, surtout par les temps qui courent...(et le thermomètre qui est bien bas en ce moment)
Je vous adresse tout de même une petite carte de notre vieil ami Igor, ainsi qu'un poème de Pierre Reverdy que j'aime tant...
Laurent
http://www.paperboy.nl/index.cfm?PID=9A2BE4B9-C533-4F3F-5...
Chemin tournant
Il y a un terrible gris de poussière dans le temps
Un vent du sud avec de fortes ailes
Les échos sourds de l'eau dans le soir chavirant
Et dans la nuit mouillée qui jaillit du tournant
des voix rugueuses qui se plaignent
Un goût de cendre sur la langue
Un bruit d'orgue dans les sentiers
Le navire du coeur qui tangue
Tous les désastres du métier
Quand les feux du désert s'éteignent un à un
Quand les yeux sont mouillés comme
des brins d'herbe
Quand la rosée descend les pieds nus sur les feuilles Le matin à peine levé
Il y a quelqu'un qui cherche
Une adresse perdue dans le chemin caché
Les astres dérouillés et les fleurs dégringolent
A travers les branches cassées
Et le ruisseau obscur essuie ses lèvres molles à peine décollées
Quand le pas du marcheur sur le cadran qui compte
règle le mouvement et pousse l'horizon
Tous les cris sont passés tous les temps se rencontrent
Et moi je marche au ciel les yeux dans les rayons
Il y a du bruit pour rien et des noms dans ma tête
Des visages vivants
Tout ce qui s'est passé au monde
Et cette fête
Où j'ai perdu mon temps
Pierre Reverdy
Edition Poésie Gallimard, extrait de Sources du vent
http://www.chez.com/lyres/reverdy/biographReverdy.htm
http://pageperso.aol.fr/gastines/index.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Reverdy
Citations souvent très justes : http://www.evene.fr/citations/auteur.php?ida=275
dont la très belle:
"La poésie est à la vie ce qu'est le feu au bois. Elle en émane et la transforme."
00:15 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note | Tags : Poésie







Commentaires
Bonjour à tous les deux
Je ne peux résister au plaisir de citer Reverdy que j'aime aussi beaucoup.
Le nom de l'ombre
La vitre où quelques gouttes de rosée brillent
encore, s'est brisée. Sous la lampe, le livre s'est
ouvert sur une page blanche et l'ombre descen-
due du toit s'est arrêtée. Elle est bien plus grande
qu'un homme. Et dans la chambre basse où l'éclair
est passé, une lumière sans pétales tremble encore
un peu sur sa tige.
Pierre Reverdy
Je reviendrais avec plaisir.
Ecrit par : Nathalie | 25.02.2006
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