09.06.2006

Marcher...

 

Quand je marche dans la nature, je m'invente toujours des rencontres imaginaires ! Je parle avec les arbres tordus, les abeilles ivres, les fleurs solitaires, les feuilles frémissantes, les oiseaux insouciants, les libellules aventurières, les papillons du bonheur, les écorses du monde... Et je m'invente des langues imaginaires pour chacun d'entre eux !

 

Quand je marche en ville, je m'invente des mondes aussi beaux ! Les caniveaux sont des fleuves incroyables, les oiseaux sur le trottoir sont des magiciens venus de l'au-delà ! Je parle aux fenêtres ouvertes, aux murs merveilleusement sales, aux vieilles dames qui portent notre monde, à mes frères sans-abris qui portent nos âmes, à mes soeurs les prostituées qui portent nos corps et aux enfants qui portent nos coeurs ! Et je m'invente des silences pour chacun d'entre eux !


Quand je marche seul, je repense à tout cela, et je vole comme un oiseau ! Puis je m'arrête pour essayer un peu de m'écouter moi-même, un peu mieux grâce à eux...


Depuis que je suis tout petit, je rapporte toujours des plumes de mes balades. J'en offre parfois aux amis ou à la pluie. Je peux passer des jours entiers assis contre un arbre à caresser une plume en regardant les nuages et le vent dans les arbres, en pleurant parfois. Je crois que ce sont les seuls moments où je me suis senti vraiment vivant dans ce monde assez fou et inconscient...

Laurent