30.08.2006

Retour

Euro Mondo Phone Center de Faenza, un bric à brac impressionnant, on y vend meme des vetements !

Salut à tous,

Figurez-vous que nous sommes encore en vie et en assez bonne santé en définitive. Que d'émotions, que d'émotions mon vagabondage en Italie m'aura donné... Et un travail sur moi-meme très positif pour l'avenir, je crois.

Nous quittons la bella Italia le quatre septembre prochain après plus d'un mois passé en Toscane puis au bord de la mer adriatique (rapidement, trop de monde) et de magnifiques villages, rivières, étangs, forets, champs, petites montagnes jusqu'à Modigliana. Après Soutine à Céret c'était logique que je vienne rejoindre un village portant le nom de son meilleur ami (et réciproquement).

Pour terminer nous irons dans les hauteurs de Bologna d'ou nous partirons pour Genève chez l'ami Kai pour trois jours. Je suis enchanté de faire sa connaissance. Merci à ce forum de créer de telles rencontres humaines...

Mon carnet va bien faire trente ou quqrqnte pqges cette fois-ci ! Et j'ai photographié quasiment tous mes bivouacs sauvages car ce sont un peu comme mes enfants et je pourrai y retourner ainsi en imagination quqnd je cafarderai dans mon petit appartement de Montreuil City... Et puis cela vous donnera peut-etre envie de tenter la meme expérience. Une expérience d'une richesse infinie, croyez-moi. Un chemin initiatique, je pense.

Sinon je rentre  malheureusement avec des problèmes financiers très lourds car mon billet de train ruineux m'a mis à découvert et le mois de septembre va etre affreux à ce niveau, d'autant que je dois rentrer en France... Et le stop avec un chien parait bien difficile. J'aurais du chercher un sponsor avant de partir mais pour un poète c'est une chose difficile à admettre...

Je sollicite donc auprès de mon entourage et auprès de vous une aide éventuelle. Pour cela je vends ma photo "Paris Ville Lumière" (ou Croix de Lumière) dédicacée en format carte postale que j'ai tiréee moi-meme sur papier cartoline baryté garanti cinquqnte ans minimum. Ceci au prix de 20 euros, frais de port inclus. Vous pouvez donner un peu plus bien entendu. C'est je crois ce que j'ai fait de mieux artistiquement en quinze ans. Je mettrai aussi d'autres photos en 18x24 cm au prix de 40 euros à la rentrée.

Je vends aussi des affiches d'une qualité parfaite au format A3 (30x40 cm) de mes portraits imaginaires aussi au prix de 20 euros. Vous pouvez les choisir ici: http://artmajeur.com/?go=artworks/display_mini_gallery&am...

et me donner le numéro qui figure sur le portrait.

Exemple: Max est le numéro 948 - http://artmajeur.com/?go=artworks/display_mini_gallery&am...

Contact mail: contact . bavella @ laposte.net  -  en enlevant les espaces

Pour ceux qui utilisent Paypal il est possible de me règler par: enfance . art @ laposte.net

En fait j'ai décidé de vendre tous mes dessins cette année sur mon site, sur Ebay et dans une exposition éventuelle à Paris auquelle je vous inviterai. Mais les prix seront plus élevés !

Merci pour votre soutien. C'est une sorte de mécénat pour un poète vagabond.

A bientot, belle rentrée à tous,

Laurent et son chien qui n'a malheureusement pas trouvé de maison avec un jardin... Mais il ne désespère pas de la trouver...

 

31.07.2006

Retraite à Céret, demain l'Italie !

Internet Café de Perpignan (très sympa, surtout le soir jusqu'à 1h30 !)

Nous prenons le train ce soir à 23h36 pour Firenze via Milano (cinquante minutes d'arrêt, j'y reviendrai dans un mois et demi ou deux mois environ, transformé, je l'espère !). Nos trois premières semaines de vagabondage dans les Pyrénées furent assez particulières, disons imprévues, mais c'est une règle générale en la matière... et c'est tout son charme et son aspect hautement nutritif et régénérateur. Surtout dans cette société où tout est évalué, calibré, mesuré, où la sécurité est une obsession constante pour la plupart, royaume du pragmatisme et du mercantilisme...

La première semaine (sur laquelle ilo faudra que je revienne car elle fut d'une grande richesse) fut difficile à cause de la relative fragilité des pattes de mon chien. Il va mieux et je pense que maintenant il pourrait faire le tour du monde en portant ses quatre ou cinq kilos sur le dos sans souffrir autant de nouveau. mais la chaleur reste difficile pour un chien plus que pour un être humain. Leur métabolisme est moins adapté pour cela. leurs frères de sang les loups vivent dans les zones tempérés voire froides et raremement en zones chaudes (sauf en Inde mais là-bas les choses sont souvent différentes depuis toujours, peut-être).


Nos deux semaines à Céret furent une retraite merveilleuse au bord de ma grande soeur Le Tech, prèsdes oiseaux jours et nuits. Ils se sont progressivement habitués à nous, au point que les voyais sautiller de plus en plus près de mon hamac ! Malheureusement mon chien reste un prédateur assez vorace mais qui aime tout de même plus les canards et autres grands oiseaux d'eau qui l'affolent surtout en pleine nuit. Mais c'est un piètre nageur ce qui le rend assez irritable certains matins...

Je n'ai finalement jamais dormi sous une tente depuis mon départ le neuf juillet. Cela a été au sol mais surtout en hamac ce qui est à mon avis l'idéal dans la nature seul. On entend tout. On sent tout, bruits, odeurs, vents, vibrations diverses. C'est comme une tour, un phare discret dans la nuit ! On rêve mieux. On se détend mieux, surtout après des journées de marche sous le soleil... Pour lire, c'est une merveille. Mon livre fut le sublime "Walden" de Thoreau, pour moi l'un des plus beaux livres du monde écrit par un être que j'aime au plus haut point... A lire absolument, s'il vous plait et dans la nature idéalement ! J'avais aussi amené  "La révolution du Silence" (le livre le plus léger en poids de Krishnamurti) et un reccueil de poèmes de pierre Reverdy. Mais je les ai laissés très vite sur mon chemin, en espérant qu'ils seront lus ou brûlés par des personnes humaines et dignes.

Je dors à la belle étoile depuis trois semaines. Quand la pluie est devenue menaçante j'ai juste placé une belle bâche bleues (achetée à Céret, 4mx3m, juste à la taille du hamac, pas trop lourde, mais l'idéal serait du Silnylon, si quelqu'un pouvait m'en envoyer ! 5mx3m car c'est un peu juste aux extrémités et je dois rajouter un peu de bâche ordinaire). Pas d'enfermement. Quel bonheur inégalable, croyez-moi ! On est vraiment à l'écoute de la nature dans un hamac, et en échange, voire peut-être en harmonie ?...
Deux semaines très calmes, probablement les plus calmes de ma vie... C'était un peu comme un point d'orgue en musique. Je vais y réfléchir... Je suis devenu comme un indien  certains matins et certains soirs ! J'essaierai  en Italie d'en écrire des choses. Il me faut un peu de temps autour.

La région de Céret est belle mais il y a une tension dans l'air assez insupportable, surtout à la longue. Les gens sont toujours méfiants, rarement bienveillants. peu d'empathie et encore moins de générosité. Un pays assez sombre en fin de compte, difficile, très dur à vivre, enfin pour moi.

Je crois de toute façon que les ondes sont mauvaises en France ces temps-ci. Aussi j'ai décidé de prendre le large et de rejoindre l'Italie au plus vite ! Par le train ce soir. demain je serai en Toscane. Une terre d'artistes, de poètes, d'écrivains, de voyageurs et des gens plus chaleureux qu'ici, j'en suis certain ! Je suis sûr que je vais adorer ce pays... C'est une intuition certaine appuyée par trois femmes qui sont passées dans mon coeur. C'est un signe qu'il fallait bien que je suive un jour ou l'autre. J'ai attendu bien
longtemps mais je pense que c'était une bonne chose. Il faut toujours laisser le temps au temps dans la vie dans les choses importantes à mon avis.

Firenze, la Toscane, Siena, l'Ombrie, Assisi, arrivée sur Roma à pieds (tout un symbôle !), Napoli, bateau pour la Sicile, Palermo, tour de l'île, Siracusa (la chanson dit-elle vrai ?), l'Etna (mes chaussures vont-elles brûler, je te ferai un topo, l'ami Peyo !), Messina, bateau pour Reggio, retour dans le grand sud de l'Italie, Bari, la côte adriatique, Faenza (mon ex-petite fée), Bologna, Venezia, Verona, Milano (le retour, transformé je l'espère !), car pour Genève (trop haut et dangereux les Alpes tout seul), l'ami Kai, car pour Lyon, notre Lady Manou, Vauxrenard (ma grand-mère que j'aime toujours), Montreuil-City 93, mon trou à rats quatre étoiles.

Comment serai-je à mon retour ? A votre avis ?

Je vous raconterai quand je pourrai. Bel été à tous ! Bon vent !

Arrivederci !

Lorenzo e suo cane

PS: si vous avez des conseils pour notre parcours ? Merci à vous. Le chien de Laurent

photos à Céret: http://enfanceart.free.fr/vagabondage/ceret

17.07.2006

Première semaine de vagabondage

Vagabondage de trois mois minimum (retour à Montreuil-City prévu en octobre ou en novembre)

 Première semaine de vagabondage (texte évolutif)

Céret, Cyber-Espace (intime et rayonnant)

Le Canet - Céret Perpignan, une chaleur écrasante. Avec mon chien (et un sac trop lourd...), impossible de visiter la ville sereinement.Intuition (vérifiée comme toujours), jusqu'au Canet les routes sont larges, , bruyantes, rapides, et dangereuses (et malheureusement sur toute la côte... un cauchemar pour le marcheur, surtout sous ce ce soleil de plomb). Donc car jusqu'au Canet. L'étang est quasiment inaccessible à midi. Sieste au bord des roseaux. La chaleur est suffocante. mon chien est perdu. j'en ris ! Soirée football au grand café. La victoire de l'Italie va bien m'arranger pour mon vagabondage dans leur beau pays ! Premier plaisir indicible d'être à la fois "dans la civilisation" (et quelle soirée civilisée...) et en dehors puisque je ne sais pas où je vais dormir cette nuit. C'est une sensation assez merveilleuse et très nutritive (un peu angoissante je l'admets, mais on s'y fait très vite au fur et à mesure des jours et des nuits, je vous le promets).

Après la défaite des bleus, le café s'est vidé en quelques minutes. Quel peuple vaniteux et manquant d'esprit festif... Au Brésil ou ailleurs, on fait la fête quelq que soit l'issue du match. Une chose à méditer... La nuit est chaude, sèche et légèrement étoilée. Une fois de plus cette défaite m'arrange car je pourrai dormir tranquille ! J'avais repéré une piste avant le café (un réflexe instinctif chez moi, je repère toujours vaguement où on peut dormir "éventuellement", je l'ai développé depuis l'âge de 17 ans, époque à laquelle je venais à Paris d'Orléans et je dormais quelque fois sur les bancs ou sur les pelouses... la vagabondage est une vieille histoire pour moi... mais je vous raconterai cela une autre fois). L'air est délicat, quelques italiens fanfaronnent un peu et je trouve mon premier p'tit coin d'paradis de mon vagabondage. Près de l'étang et d'une grand route, une chose qui arrive souvent mais le passage des voitures n'a rien à voir avec celui qu'on doit supporter toute l'année dans nos rue. Ce sont comme des gentils fantômes bienveillants qui veillent sur le vagabond, pas des ennemis polueurs et intrusifs. Toutes les choses se modifient pendant un vagabondage, enfin presque toutes. Je m'installe dans un petit renfoncement légèrement caché. Tapis de sol, sac de couchage et une petite moustiquaire imprégnée sur moi, pas tendue pour être le plus discret possible cette fois-ci car je sens qu'il y a des risques de mauvaises rencontres cette nuit. Mon chien est très nerveux et a monté la garde toute la nuit. Il a été merveilleux. Deux types assez louches sont passés près de nous en silence. Puis un rottweiler lourd et assez menaçant. Heureusement que je n'ai pas peur des chiens ; je me prends pour un loup depuis que je suis tout petit, alors ces grands dadets de chiots immatures... Puis heureusement son maître bizarrement silencieux (c'est très rassurant dans la nuit, quel idiot... j'ai revu son épouse avec le molosse le lendemain matin... cet homme est indigne et sans éducation). Puis un sans-abri hirsute qui voulait venir dormir là où j'étais. J'ai été assez fier qu'un frère sans-logis ait eu la même idée. C'est vrai que j'avais remarqué plus profond un vieux matelas mouillé, foutu et déserté, peut-être avait-il dormi comme moi à l'entrée, mais je pense que ce n'était pas récent, sinon je lui aurais laissé son coin évidemment. Il a eu très peur de mon chien et je me suis excusé trois fois par respect sincère. Puis (je l'ai su le lendemain matin en entendant le monsieur dans un râle de plaisir) un couple a planté sa tente pas très loin. Que de monde, que de monde ! J'ai dormi de ce qu'on appelle "le sommeil préhistorique", par petites séquences... Mais quelle belle nuit où j'ai fait face à ma peur. Et merci à mon chien sans qui... Le lendemain matin c'était l'enfer sur terre. Un soleil idéal pour faire sècher de la viande ou du poisson. La soif. La route commence...

 Saint Nazaire (l'étang est mortel pour un marcheur). C'est sec, hostile et grouillant de voitures. Un univers cauchemardesque auquel il faut que je m'habitue. Mon chien souffre plus que moi. Une première rivière merveilleuse avant le village. J'hésite à y passer la nuit. Saint Nazaire. Une petite bourgade paisible mais vide de bonnes ondes, je le sens. Ne me demandez pas pourquoi, c'est comme cela. Je continue. La route est brûlante, surtout pour les pattes de mon chien. Des arrêts fréquents, une belle communion entre lui et moi... Alénya, j'aime plus ce village. Un pot, deux bières fraîches et une dame au grand coeur. Une belle rencontre. Puis où dormir ? A ce moment je deviens comme un pisteur. Trouver un coin tranquille. Je deviens comme un animal blessé. Une petite route désete, un pré, des ronces (il en faut pour être sûr de trouver le paradis), vive les bâtons de rando dans ces moments ! Puis le plus sublime prunier sauvage du monde... Une hutte naturelle d'une douceur protectrice quasi divine par cette chaleur. La nuit fut magique. Les prunes nous sont tombées dessus toute la soirée et toute la nuit. Aucune humidité, un calme indicible, des oiseaux venus d'ailleurs. La plus belle nuit dans la nature de ma vie, je crois. Le lendemain matin, un vieux bonhomme marchant avec un superbe bâton de rando se présente à l'entrée de notre grotte secrète. "Ne bougez pas !" Sa voix est douce et bienveillante. Une simplicité et une réelle humanité se dégagent de lui. Mon chien s'est tue en quelques secondes, c'est dire... Il l'a senti. L'homme a cueilli quelques prunes, se plaignant qu'elles n'étaient pas encore mûres, etc. Il s'est inquiété sur l'humidité pendant la nuit. Je l'ai rassuré. Il a fait le tour de l'arbre, a cueilli quelques prunes. je suis resté couché. Je me sentais en confiance. Puis il est parti en disant simplement: " Allez, je vous laisse !" Une rencontre simple, belle et sereine. Un petit trésor de vagabondage dont je me souviendrai, croyez-moi...

Le matin, sur un coup de tête, je renvoie par Collisimo à un ami ma tarptent (trop lourde et surtou trop volumineuse), ma couverture de l'espace (idem mais indispensable à partir des premiers froids cet automne et quel dommage car au sol c'est une merveille si solide) et mon tee-shirt contre le froid (idem). Je compte sur mon poncho pour m'abriter de la pluie (pensées pour l'Ami Peyo). Mon chien souffre des coussinets. J'en parle au bureau de poste et un jeune me propose de nous emmener à saint Cyprien cahez un véto. Malheureusement il nous dépose au mauvais endroit et on doit marcher quatre ou cinq kilomètres ensuite. ce fut triste et très difficile avec toutes ces voitures insupportables et dangereuses. Mon chien n'en pouvait plus. Le pire moment de sa vie peut-être. Deux agrafes à la patte droite et les deux pattes avant en sale état. La doctoresse était parfaite, douce, pleine d'empathie et de curiosité, un être humainrare et précieux. Il faudra enlever les agrafes à Céret dans dix jours. Antibiotiques, pansements, crème, Solipat (que j'aurais dû appliquer quinze jours avant, les conseils de Lord Peyo oubliés, mea culpa...). Un mlerveilleux café rugby où le patron me donne trois chaussettes de son fils. De beaux échanges sur la montagne plein d'empathie et d'inquiétude pour moi avec un homme digne. Nous repartons plein d'espoir. Mon chien marche avec deux chaussettes multicolores. A la sortie de Saint Cyprien, bivouac près de la route pour Elne. De hautes herbes folles, un espace immense. Ma tarptent aurait eu une allure majestueuse ici mais elle était partie à Paris, dommage. Heureusement qu'il n'a pas plu.

Elne, passage distrait, mon chien a fait grand impression ! Direction Ortaffa. Bivouac au bord d'une petite rivière douce et paisible le long de la route, à quelques centimètres ! Je n'ai jamais dormi aussi près de l'eau. ce fut une belle nuit humide près de l'eau, des animaux aquatiques, des papillons et des étoiles. Une nuit très particulière. (mais trop humide pour mon chien)

Ortaffa, passage trop rapide (mon chien n'avance plus). Il faut trouver notre grande soeur le Tech. Elle est belle et gracieuse. Bain juvénile, insouciant et salvateur avec mon chien. Le plus beau moment qu'on ait passé ensemble... Première nuit en hamac de ma vie. Sublime, régénérateur, des rêves incroyables (aussi beaux que pendant mon adolescence, Duke Ellington parlant merveilleusement le français, etc.), de sensations inouïes... Vive le hamac ! Croyez-moi ! Je ne partirai plus sans lui... Lendemain matin gracieux. Je suis vraiment rentré dans ce vagabondage. Le long du Tech. Mon chien traîne des pattes. Routes difficiles jusqu'au moulin de Brouillat. Second bivouac au bord du Tech, mais cette foici nous avons traversé la rivière (mon chien faisant l'hélicoptère amphibi, une nouvelle race à inventer!) pour trouver un vrai sanctuaire loin de tout ! J'aurais pu y passer des semaines voire des mois... Seconde nuit en hamac, aussi divine sinon plus. Baignades, toilette, bonheur simple.

Lendemain, direction Le Boulou. La route est suffocante et vidante, la patte gauche de mon chien l'a lâché maintenant. Le Boulou, au café la serveuse est lituanienne. Mon frère Soutine n'est plus très loin... Il faut revoir le véto plus vite que prévu. Nous prenons donc le car pour Céret. Céret. Une plaque en hommage à Chaïm. Des larmes pas loin des yeux. Si vous saviez comme j'aime cet artiste immense... Mais pas une seule toile au musée. le monde n'a pas de sens... J'irai à Cagnes en août pour voir les autres paysages qui l'ont inspiré. Un été proche de lui finalement, proche d'un des artistes que j'aime le plus au monde. La ville est fraîche, gorgée d'eau et les alentours s'annoncent chargés d'âme. J'aime cette ville et nous avons trouvé un coin de paradis absolument parfait à quinze minutes du centre ville, au bord de ma grande soeur, avec mon hamac... Mon chien va mieux. Il faut qu'il s'endurcisse un peu pour devenir un bon chien vagabond ! La nuit il grognasse de plus en plus. C'est bon signe. Les oiseaux et la rivière chantent divinement autour de nous. Je crois qu'on a trouvé le coin le plus paisible de la région, qui sait ! C'est un talent que j'ai peut-être. Posez-moi où vous voulez et en une demi-heure maximum, je vous déniche un lieu magique ! C'est tout l'art du vagabondage. Parler, savoir se taire, échanger, rencontrer, mais aussi savoir s'isoler dans un lieu que seuls les oiseaux et les papillons des étoiles peuvent connaître ! Mon chien étant encore trop faible de ses pattes, j'ai décidé de rester à Céret jusqu'à la fin du mois. 

Laurent et son chien

photos: http://enfanceart.free.fr/vagabondage/canet_ceret/

forum: http://www.randonner-leger.org/forum/viewtopic.php?id=2123

09.07.2006

Partir...

C'est parti pour trois mois de vagabondage au minimum,
les amis !



  
 
 
On vous donnera des nouvelles de temps en temps, promis... 
 

09.06.2006

Marcher...

 

Quand je marche dans la nature, je m'invente toujours des rencontres imaginaires ! Je parle avec les arbres tordus, les abeilles ivres, les fleurs solitaires, les feuilles frémissantes, les oiseaux insouciants, les libellules aventurières, les papillons du bonheur, les écorses du monde... Et je m'invente des langues imaginaires pour chacun d'entre eux !

 

Quand je marche en ville, je m'invente des mondes aussi beaux ! Les caniveaux sont des fleuves incroyables, les oiseaux sur le trottoir sont des magiciens venus de l'au-delà ! Je parle aux fenêtres ouvertes, aux murs merveilleusement sales, aux vieilles dames qui portent notre monde, à mes frères sans-abris qui portent nos âmes, à mes soeurs les prostituées qui portent nos corps et aux enfants qui portent nos coeurs ! Et je m'invente des silences pour chacun d'entre eux !


Quand je marche seul, je repense à tout cela, et je vole comme un oiseau ! Puis je m'arrête pour essayer un peu de m'écouter moi-même, un peu mieux grâce à eux...


Depuis que je suis tout petit, je rapporte toujours des plumes de mes balades. J'en offre parfois aux amis ou à la pluie. Je peux passer des jours entiers assis contre un arbre à caresser une plume en regardant les nuages et le vent dans les arbres, en pleurant parfois. Je crois que ce sont les seuls moments où je me suis senti vraiment vivant dans ce monde assez fou et inconscient...

Laurent

07.03.2006

Les fées

   Chacun sa part


   Il a chassé la lune, il a laissé la nuit. Une à une les
étoiles sont tombées dans un filet d’eau vive.
   Derrière les trembles un étrange pêcheur guette
avec impatience d’un œil ouvert, le seul, caché sous
son large chapeau ; et la ligne frémit.
    Rien ne se prend, mais il emplit sa gibecière de
pièces d’or dont l’éclat s’est éteint dans le panier
fermé.
    Mais un autre attendait plus loin du bord. Plus
modeste il pêchait dans la flaque de boue qu’avait
laissée la pluie. Cette eau, venue du ciel, était pleine
d’étoiles.

Pierre Reverdy

Plupart du temps, Flammarion Lucarne

04.02.2006

Vagabondage

Bonjour les amis,

Après le départ de sa petite fée (une belle autruche au grand cœur, je l'admets), Laurent (que je n'avais jamais vu aussi frais et léger) est devenu triste et fébrile. Puis petit à petit il a remonté la pente et figurez-vous qu'il vient de prendre une décision assez spectaculaire !

Il a décidé de vivre réellement une vie de poète et donc de partir pour un vagabondage de quelques années en Europe et en Afrique ! Je vous avoue que je m'y attendais un peu car il en parle parait-il depuis l'âge de quinze ou seize ans... Mais cela m'a fait tout drôle tout de même !

Il explique sa décision sur un beau forum sur la marche légère auquel il participe depuis le printemps dernier. C'est ici. Vous pouvez aussi lire tous ses messages par cette page.

Je suis un peu inquiet mais je suis sûr qu'il a pris la bonne décision... Et probablement la seule qui puisse vraiment lui permettre de se reconstruire véritablement...

Je pense qu'il va bientôt vous en parler sur notre blog. Pour ma part je recherche une famille qui voudrait bien m'adopter et qui aurait une maison avec un jardin (je suis très malheureux en appartement), car Laurent ne pourra pas m'emmener dans toutes ses futures aventures en Europe et en Afrique... Si quelqu'un désire un gentil compagnon... Je suis un chien sociable, joyeux et aimant.

Amicalement vôtre,

Le chien de Laurent

PS: ce blog deviendra donc pendant ce long vagabondage son carnet où il vous racontera ses rencontres, ses émotions, ses malheurs et ses bonheurs... Il y ajoutera des photos, des dessins, des pastels et des aquarelles. Pour ma part je superviserai le traitement des cartes, des photos et des dessins, et je corrigerai ses fautes orthographiques, syntaxiques, sémantiques, géographiques, botaniques, zoologiques, chimiques, météorologiques et mathématiques. Il aura donc toujours grandement besoin de moi...

photo: Albatros royal

25.12.2005

Oiseaux

Montreuil-City, 7h35

Ce matin, je vous jure que j'ai vu l'une des plus belles choses de ma vie...

Je suis sorti du métro. J'ai fait une trentaine de mètres après les escaliers mécanisés, puis j'ai vu d'abord une belle tourterelle (sublime) faire la cour à un vieux pigeon mourrant (génial et qui par délicatesse pour moi s'est déporté dans le caniveau, merci à lui) puis... double bonheur :

J'ai fait quelques mètres, puis un couple de moineaux extraordinaire a décollé à mille à l'heure exactement ensemble (amoureux et fidèles, très probablement) au-dessus de la rue, par-dessus les voitures puis vers le ciel !

Je suis parti avec eux quelques secondes...

Les oiseaux sont des êtres incroyables et toujours surprenants. Ils ajoutent à nos vies de rats la grâce.

C'est Noël, et mon chien et moi, nous tenons à remercier les oiseaux. Sans eux, le ciel n'existerait plus.

http://www.oiseaux.net/

Poème d'hiver

Marche, mon chien (titre provisoire) (poème en construction)

novembre

C'est l'automne (mon chien creuse profondément)

J'aime écrire et dessiner au pied d'un arbre (mon chien en est jaloux et en dévore ses racines)
Quand je suis à sec je me mets contre l'arbre dos à dos, puis je l'écoute (mon chien alors déchire les plus grosses racines)
Puis je me couche près de l'arbre (mon chien recouvre certaines racines)
Je dors (mon chien mange les racines qu'il a éloignées de l'arbre)
Je me réveille (mon chien dort sur les racines les plus proches de moi)
Je demande à mon chien de me montrer les racines qu'il a trouvées au pied de l'arbre
Il me montre une racine et creuse plus profond
Je recouvre ce que je peux
Je remercie l'arbre
Puis je continue ma marche (mon chien continue ses recherches)

Je m'arrête (mon chien continue à creuser)

décembre

C'est l'hiver (mon chien aime les oiseaux)

Je marche seul (mon chien adore pisser sur les dernières feuilles jaunes)
Je deviens très vite dégueulasse (mon chien adore la boue comme le sanglier)
Je m'arrête au pied d'un chêne encore jaune (mon chien fonce sur un corbeau distrait)
Je tourne autour de l'arbre (mon chien fait le tour du bois)
C'est un arbre étonnamment silencieux (mon chien me passe par-dessus)
Il a la majesté d'un lamentin de l'Amazone (mon chien cherchent les corbeaux)
J'hésite (mon chien revient comme l'éclair)
Non (mon chien trouve)
Je marche (mon chien court)
J'ai le regard un peu triste (mon chien sourit aux corbeaux)

Je m'arrête (mon chien continue à creuser)

Retour

Mon chien est en train de rêver qu'il court plus vite que le vol des corbeaux dans le ciel !
Il aime et il déteste les corbeaux. C'est là toutes ses contradictions...
Un bouquet de roses rouges, roses et blanches.
Deux roses rouges. Un beau livre sur la résistance.
Un disque du grand de grand Allain Leprest.

http://www.rfimusique.com/siteFr/biographie/biographie_89...

http://users.skynet.be/selkirk/Leprest/sommaire.htm



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